Le salon de Montrouge est terminé

Souche, Wood, Bois, Dimensions variables, 2007

Le salon de Montrouge 2010 est terminé, l’occasion pour moi de faire un bilan. Il faut le dire, c’est une expérience enrichissante que de participer à un salon, de plus quand on est montrougien, cela devient particulier. Le salon terminé, on devient nostalgique de l’effervescence qui nourrissait notre ventre à la veille du vernissage. C’est terminé, et des expositions, il y en aura d’autres, on l’espère, je l’espère.

Ce salon m’a permis de rencontrer des personnalités très sympathiques et toutes très attachantes. Je pense à Anna Byskov, une artiste dont j’aime particulièrement le travail tant par sa folie que par son originalité. Anna Byskov présentait des vidéos, où elle était en scène, soit en train de monter un escalier en carton, soit en train d’escalader une pente, soit en train de courir dans la forêt à se cogner contre les arbres. Elle avait placé devant ces écrans, des sièges très colorés qui nous invitaient à regarder ses aventures comiques. Pour moi, chez Anna Byskov, il y a quelque chose de l’ordre de l’idiotie, l’idiot qui répète une action qui ne fonctionnera pas, l’idiot qui s’entête. Se libère alors chez le regardeur, un rire moqueur, un rire de compassion, un rire qui n’est pas commun dans les allées de l’art.

Anna Byskov

En parlant de rire, j’arrive à Fabien Souche. Fabien Souche, qui a eu un prix lors de ce salon, et qui sera à l’honneur prochainement au Palais de Tokyo, nous proposait un mur composé de plusieurs réalisations, collages, lithographie, et photographies. Il y a de la fumisterie chez ce Souche, un artiste qui ne se prend pas au sérieux. Que ce soit ces collages, ou ces photographies, tout nous invite à sourire, à rire bêtement, à se demander aussi mais c’est quoi ce carton avec ces rebords trois fois trop longs. Souche, « personne stupide, sans intelligence, ni activité », nous propose une œuvre aux résonnances belges et surréalistes qui n’est pas pour déplaire, une œuvre rafraîchissante  qui fait table rase de cet art sérieux et propre sur lui. Souche, c’est aussi cet amateur de  rugby avec qui l’on peut échanger sur le Top 14, et boire une bière devant un match qui verrait la victoire tant attendue de son club fétiche, l’ASM Clermont Auvergne, en finale et remporter le bouclier de brennus.

Julien Nédélec

Au salon, on pouvait voir le travail du binôme Jérémy Flandin et Thibault Waré, une œuvre raffinée jouant avec le lieu, un mur composé d’une petite sculpture et d’un dessin. Il y avait aussi cette très belle construction du collectif Dop sur laquelle on pouvait voir de petites architectures. Aussi, non loin le travail de Julien Nédélec qui nous proposait de devenir un Super-Héros de l’infini en prenant un masque noir. Il y avait aussi cette pédale qui  inscrivait un Poum  sur le mur à chaque coup de pied, comme un instrument sourd qui nous faisait lire son bruit. En peinture, j’ai beaucoup aimé les pièces de Simon Bergala, des huiles sur bâche, ou sur t-shirt, le support débordant du châssis devient cadre, le sujet est coloré, parfois des tuyaux, proposant une représentation de la ville, de notre décor quotidien.

Le salon était riche cette année, hétérogène, avec des œuvres très différentes les unes par rapport aux autres. À présent, il faut espérer qu’il reste dans ce lieu, ce qui est moins sur, car La Fabrique appartient désormais à une banque française, qui souhaite y construire son siège. Il faut espérer que la formule perdure, car c’est très satisfaisant pour les artistes de pouvoir présenter un ensemble d’œuvres, plutôt qu’une qui viendrait se perdre dans la masse. Espérons que le salon ne retombe pas dans ses travers.

Stéphane Lecomte

Mais, cela n’arrivera pas tant le travail réalisé par l’organisation à été à la hauteur de mes attentes. À présent, je parle pour moi. Le salon de Montrouge, je le connais depuis maintenant quelques années. Je l’ai vu tomber dans un anonymat indigne, et devenir ringard. Pour moi, Montrougien, il n’était pas question d’y participer, tant la sélection était moins satisfaisante, tant l’accrochage était mauvais. Depuis l’année dernière, le salon a pris un tournant qu’il faut souligner et qui m’a incité à être candidat. Sélectionné et heureux de l’être, il fallait alors réfléchir à la réalisation d’une œuvre. Pour ma part, j’ai choisi de présenter un ensemble composé de dessins et d’objets, un ensemble assez hétérogène, qui proposait une œuvre totale sans style. Je ne suis pas à la recherche de mon style, je n’ai pas envie de me répéter dans ce qui pourrait me faire gagner de l’argent, je cherche des formes différentes qui vienne me nourrir, qui viennent me faire rebondir, car je tiens à toucher à tous les médiums. Il y avait alors des dessins au pastel, « morceaux choisis ». Il s’agit, ici, d’une série de dessin reprenant des morceaux déchirés dans des journaux que je retranscris en dessin sur un fond velouté en pastel. Les morceaux flottent dans des cieux colorés, pour donner une collection de papier déchirés. Il va s’en dire que les titres sont sélectionnés, et offrent une résonnance avec le quotidien et avec le Terrain idéal. Terrain idéal c’est bien le nom de cette œuvre totale. Tout rentre dedans, c’est pour cela que je ne décide pas de faire une hiérarchie entre mes réalisations, tout vient s’y loger. Et puis, il y avait ces dessins de caravane, car cet engin fait signe du voyage, il est comme un symbole, mais il est statique, comme un voyage sur place. La caravane se voyait alors découpée ou prise d’une crise de bulles de bande dessinée. Dans ces dernières bulles, on pouvait lire toutes sortes de phrases, de remarques, que j’ai entendu, des anecdotes sur l’art, le milieu de l’art. Comme un vernissage en caravane. L’ensemble composé sur le mur, avec ces petites voitures sur cailloux, cet autre dessin de Catherine de midi-six, proposait une œuvre en soi. Ce mur était alors une sorte de hachis parmentier, vous savez ce plat assez simple et réalisé à l’aide des restes de la semaine. Voilà, mon mur se composait de différentes pièces, sur un papier peint aux allures de voyage. Avec du recul, je me dis que j’aurais pu présenter une vidéo sur un petit écran…

Le salon de Montrouge est terminé et j’espère qu’il y aura d’autres expositions. Il y en a déjà en préparation…

Comment l’esprit vient à la matière, une proposition en deux actes de Stéphane Corréard

Théo Mercier

Stéphane Corréard fait une proposition tout à fait singulière dans deux galeries parisiennes, la galerie Loevenbruck et la galerie Gabrielle Maubrie. Deux parties comme deux réponses à ce « comment l’esprit vient à la matière. »

Ces expositions présentent des artistes d’horizons différents, certains sont même marginaux, et moins visibles. Je pense notamment à Jean-Michel Sanejouand ou Antoni Miralda. D’autres que je ne connaissais pas, comme Ted Mineo et ses peintures de pizza, ou Nader Ahriman, un peintre allemand né en 1964, étonnant. À la galerie Loevenbruck, où cette première partie est intitulée « Métaphysique Chimie », ces deux artistes sont rejoints par Arnaud Labelle-Rojoux et Xavier Boussiron (et leur âne Boronali que l’on avait vu à la Force de l’art l’année dernière au Grand Palais) et par Philippe Mayaux et ses deux belles peintures à la tempera où le coq n’est pa à la fête.

À la galerie Gabrielle Maubrie, c’est « Le beau est un moment du laid ». Les artistes sont plus nombreux, on y retrouve Labelle-Rojoux et une « fantômette aux bains douche », seul artiste présent dans les deux sites. Cette deuxième partie est réjouissante, tant par l’hétérogénéité des artistes que par la qualité des œuvres proposées. Je pense notamment à cette pièce de Théo Mercier (que l’on reverra bientôt à Dynasty), une composition de fausses fleurs et faux légumes habillés de petits yeux moqueurs, rendant la scène de nature morte risible. Le risible, il y en a encore avec l’artiste belge Jacques Lizène. Le spécialiste de la médiocrité présente un assemblage bancal d’une planche à roulettes, d’une vidéo où l’on veut voir jouer d’une petite guitare et d’une peinture nulle. Une pièce vraiment belle et très représentative de l’art de Lizène, un artiste que l’on aimerait voir à Paris pour une rétrospective tant il est important dans cette attitude marginale et tout sauf sérieuse. Il y a aussi ce congélateur de Simon Nicaise qui garde au frais plusieurs boules de neige prête à l’emploi. On imagine la bataille! Matali Crasset propose un canapé fait de sac de couleurs bon marchés, Guillaume Bijl nous offre la robe d’Eva Braun.

Jacques Lizène

Cette deuxième partie joue du Ready made, toutes les œuvres de cette exposition composent avec des objets du quotidien, du réel, pour le détourner et donner un nouveau sens au visiteur. Parfois minimales, comme la proposition de Jiri Kovanda avec ce sac de guimauve suspendu à un fil et relié à un marteau, une pièce que les visiteurs de la Fiac avaient pu voir il y a quelques années, au stand de la galerie GB agency, ou encore ce balancier de Sanejouand où reposent deux belles pierres, parfois colorées comme l’œuvre de Gérard Deschamps, qui créé une sculpture murale avec des objets gonflables ou encore les T d’Ernest T. faits d’un liquide imbuvable, les œuvres sont toutes des compositions poétiques posées là le temps d’une exposition.

Les détracteurs diront que c’est facile de poser une serviette sur statue, qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans cette collection de paquets de mouchoirs ornés de la figure Mona Lisa, et seront encore plus dubitatifs devant cette œuvre d’Haim Steinbach, intitulée « The Village People ». La force de cette exposition réside dans cette question que l’art est bien autour de nous, mais qu’il faut ouvrir les yeux pour en rassembler les morceaux. Finalement, il n’y a pas d’interrogation du réel ou de questionnement de notre rapport au quotidien, mais bien plus une mise en valeur de cette poésie faite de rien, mais essentielle à la survie.

Instant City, Archigram, « Les villes sont-elles encore nécessaires? »

Peter Cook, Archigram, Instant Cityvisits Bournemouth, 23 x 34,5 cm, 1968, Coll Frac Centre

Au centre Pompidou, jusqu’au 9 Août 2010, a lieu une bien belle exposition intitulée Dreamlands, des parcs d’attractions aux cités du futur. Il s’agit là d’une occasion pour voir des pièces étonnantes d’artistes et aussi d’architectes. Instant City fait parti de ces projets utopiques que l’on peut voir.

Alors c’est quoi Instant City? Il s’agit bien d’un projet de ville instantanée, de ville éphémère par le groupe Archigram, alors composé de Peter Cook, Dennis Crompton et Ron Hexron, imaginée en 1968. Instant City est donc le projet d’une ville nomade qui viendrait se superposer à une ville bien réelle, avec des ballons dirigeables, et autres structures mobiles. Le projet est offert à voir grâce à des maquettes et dessins, jouant du collage d’éléments nouveaux sur un paysage, afin de matérialiser la faisabilité de cette ville. Le projet d’une telle ville est bien moderne tant il conçoit l’espace d’une autre manière, jouant avec le nomadisme et le mouvement de la population. Ces critères sont encore bien présents au début du 21e siècle, ce qui fait de ce projet Instant City, un projet toujours d’actualité.

On sent dans ce projet beaucoup d’influences populaires dans cette ville flottante et aérienne, grâce notamment aux visuels, aux couleurs. L’aérien comme projet utopique d’une ville n’est pas nouveau, et il perdure encore. Dans une toute autre forme, Yona Friedman, avant Archigram, proposait une ville spatiale. L’aérien est aussi présent dans les films de science-fiction, où l’on voit des engins volants, des montgolfières. (Ici, je pense au roman de Thomas Pynchon, Contre Jour, qui voit plusieurs personnages voyager à travers différentes destinations à bord d’un énorme dirigeable.)

Peter Cook, Instant City – Airship M3, 1968. Collage of photographs and newsprint, overdrawn, 40 1/8 x 28 3/8”. Courtesy of Archigram Archives.

Instant City est une ville mouvante, donc, qui viendrait se greffer à une autre le temps d’un événement et qui repartirait de la même manière. Peter Cook décrit minutieusement le déroulement des opérations (version transportée par camion):

« 1. Les composantes de la « ville » sont chargées sur des camions et des remorques à la base du départ.

2. Une série de « tentes » est suspendues à des ballons, qui sont ensuite remorqués par avion jusqu’à leur destination.

3. Avant l’arrivée de la « ville », une équipe de géomètres, électriciens, etc. a converti un bâtiment désaffecté de la communauté choisie en station de rassemblement, d’informations et de relais. Des réseaux immatériels ont été créés avec des écoles locales et avec quelques grandes villes (permanentes).

4. La « ville » arrive. Elle est assemblée selon le site et les caractéristiques de la localité. Toutes les composantes ne seront pas forcément utilisées. La « ville » peut s’infiltrer dans les bâtiments et les rues, elle peut se fragmenter.

5. Manifestations, expositions et programmes éducatifs sont fournis en partie par la communauté locale et en partie par l’agence « ville ». De plus, les éléments locaux périphériques sont intégrés: foires, festivals, marchés, sociétés. Très souvent, on assiste à un rassemblement spontané de caravanes, de stands, de présentoirs et de personnel. L’événement que constitue Instant City pourrait être la réunion de manifestations qui, autrement, surviendrait de manière éparpillée dans la région.

6. La tente aérienne, les coupe-vent gonflables et d’autres abris sont érigés. De nombreuses unités de la « ville » possèdent leur propre enceinte taillée sur mesure.

7. La « ville » reste en place pendant une durée limitée.

8. Elle repart ensuite vers la localité suivante.

9. Après qu’un certain nombre de localités aient été visités, les stations de relais locales sont reliées entre elles. Communautés n°1 « nourrit » désormais une partie du programme dont bénéficiera Communauté n° 20.

10. Finalement, par cette combinaison d’événements physiques et électroniques, « perceptuels » et programmatiques, et par la mise en place de centres locaux d’expositions, une « ville » de communication pourrait bien prendre forme – la métropole du réseau national.

11. Il est presque certain que les éléments itinérants se modifieraient au fil du temps. Il est même vraisemblable qu’ils seraient retirés de la circulation par phases, après deux ou trois ans, pour faire place au réseau ainsi institué. » (Peter Cook, 1968. Source: Véronique Willemin, Maison Mobiles, éditions alternatives, Paris, 2005)

À écouter

Ernest T., entretien avec Jean-Yves Jouannais, extrait

Ernest T. l'amateur

Ernest T. est l’artiste invité du 55e salon de Montrouge. À cette occasion, nous pouvons lire dans le catalogue, en plus du très beau texte de Natacha Pugnet, un entretien avec Jean-Yves Jouannais.

Aux questions « Êtes vous quelqu’un d’en colère? Est-ce que la colère vous concerne? » Voici ce que l’artiste répond:

« Non, pas du tout. Les choses m’amusent. le système tel que je le dépeins, tel que je le critique aussi, me distrait plutôt. Il y a bien sûr des comportements qui m’irritent, des comportements de certains artistes. Et ce n’est pas qu’une question de génération. Mais, ils ont en commun de se poser en maîtres, de s’y croire. Ils sont pesants, ils ont un discours tout fait. Ils assènent des formules de publicitaires, le concept, le questionnement… Ils ne s’entendent jamais parler!

Et puis il y a la médiatisation à outrance. Ces jours-ci, les expositions Boltanski au Grand Palais et au MAC/VAL, l’avalanche d’interviews dans la presse le feraient passer pour un stakhanoviste. Ou alors il s’agit d’un entretien-type X fois dupliqué! Et pas un bémol, pas un article pour critiquer.

Au final, tout n’est qu’un jeu médiatique. Buren se targuait, il y a déjà plusieurs années, d’avoir fait plus d’expositions que Sol LeWitt. L’art, c’est comme la vie actuelle, on ne parle pas de la pertinence des oeuvres, mais de ce qu’elles coûtent en production et des sommes qu’elles atteignent en ventes publiques. »

Enfin, j’aime beaucoup la conclusion de Natacha Pugnet:

« Si les jeunes artistes devaient chercher au salon de Montrouge quelque forme de confort, Ernest T. ne les y aidera certainement pas. En revanche, pour ceux qui sauront comme lui ne pas se prendre trop au sérieux et ne pas se laisser aisément catégoriser, peut-être sa démarche sera-t-elle de quelque utilité. Non pas comme modèle bien sûr, mais comme objet de spéculation, intellectuelle, cette fois. Car ses « articles de démonstrations » sont tout sauf de la camelote que l’expression semble désigner. Si la démonstration est faite, c’est celle d’une position résolution critique, qui permet en tour au regardeur de faire l’épreuve de son jugement et de sa liberté. »

Montrouge: et les lauréats sont:

Aymeric Ebrard, La Limite de Chandrasekhar, 2009, Tirage pig men taire, 100x120cm

-Le Grand Prix du salon: Eymeric Ebrard, né en 1977, vit et travaille à Paris.

Fabien Souche, Collages Dimensions variables - Different sizes 2010

Fabien Souche, Collages Dimensions variables - Different sizes 2010

-Le Prix spécial du Jury: Fabien Souche, né en 1972, vit et travaille à Bruxelles.

Julien Salaud, Constellation du Renard, Technique mixte, 56 x 45 x 30 cm, 2008.

-Le Prix du Conseil Général des Hauts-de-Seine: Julien Salaud, né en 1977, vit et travaille à Paris.

Ces trois lauréats auront une exposition personnelle au Palais de Tokyo, dans l’espace des Modules – Fondation Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent – du 5 au 28 Novembre 2010 et participeront à la prochaine biennale de la Jeune Création Européenne (2011-2013).

Pour cette biennale ils seront accompagnés par Clémence Torres, de l’École des beaux-arts de Lyon, choisie par le Jury, et d’Éléonore Saintagnan, choisie par le commissaire artistique. Par ailleurs, cette dernière présente une vidéo d’une très grande qualité, un film abécédaire que je conseille vivement.

C’est aujourd’hui!

Guillaume Dorvillé Hi Han série : FTW, 2009 mine de plomb et huile sur papier; 28 x 21 cm Courtesy Semiose galerie, Paris

Pendant que les puits de pétrole fuient, pendant que le fabricant du « Balloon Dog » de Jeff Koons fait faillite, pendant que Zahia D. fait des siennes au sein de l’équipe de France de foot, pendant que la crise perdure dans le Monde, pendant que Picasso bat tous les records aux enchères, pendant que le Président se courbe devant la Chine, Montrouge offre ce soir son 55e salon. Pour avoir vu la sélection, je vous garantie de sa belle hétérogénéité. Alors que certaines expositions s’entêtent à enfermer leur thématique autour d’une année de naissance, établissant alors une nouvelle élite artistique, balayant les plus anciens, Montrouge propose une sélection d’artistes à découvrir aux âges multiples. N’est-ce pas le rôle d’un tel salon que de s’atteler à la découverte pour faire émerger des artistes de tous horizons?

Le salon, ce 55e salon de Montrouge, est une vraie réussite. Nous pouvons voir un mur dessiné de Noé Nadaud, un paysage apocalyptique en noir et blanc, une construction du collectif Dop, des dessins de Guillaume Dorvillé, des peintures numériques tout a fait hilarantes de Geoffroy Monde.

Ce soir, à 19h, seront désignés les lauréats qui seront invités à exposer dans les Modules du Palais de Tokyo.

Ce soir, c’est vernissage, alors venez nombreux!

Accrochage à Montrouge!

« Le matin, sitôt levé, l’artiste va faire son œuvre. » Ernest T.

Depuis Lundi c’est donc accrochage à la Fabrique. Chacun des sélectionnés se rend à son espace pour composer son œuvre, visible le temps du salon. Parfois solitaire, parfois aidé, l’artiste fait son œuvre. Et les artistes présents ces premiers jours d’accrochage ont eu le plaisir de croiser Ernest T. . Comme l’année dernière avec Arnaud Labelle-Rojoux, deux grands murs lui sont réservés. Ce lundi, il fallait accrocher des affiches, et des peintures nulles, certaines sont même dotées de ressort. Le premier mur est d’une grande réussite.

De mon côté, l’accrochage s’est déroulé cette première journée. Il a fallu poser un papier peint que j’ai réalisé pour l’occasion. Un papier peint peu pratique à coller sur la cimaise, il a donc fallu être adroit, et cela n’aurait pas été le cas sans l’aide de Bady Zeaiter. Il faut le dire, accrocher n’est pas une mince affaire. Deux mains supplémentaires sont loin d’être un luxe. Mon « assistant » du jour a donc été bien présent, parfait dans toutes les petites astuces. Jusqu’au matin, je ne faisais que quelques visualisations mentales de la composition de ce mur, mais c’est au cours de la journée que tout s’est collé, emboité parfaitement. Pour moi, ce mur composé d’œuvres hétérogènes, renvoyant à des séries en cours, à différentes directions, est une œuvre en soi. C’est un mur-collage. Je n’en dis pas plus.

Au salon, cette année, il y aura de bien belles pièces. J’ai pu y voir des animaux empaillés (Julien Salaud), des chaises aux couleurs flamboyantes posées devant des téléviseurs (Anna Byskov)…

Enfin, cette année, le salon a un site internet, alors allez-y!

La maison rouge et la collection de Guy Schraenen

Des pochettes de disques, il y en a de belles en ce moment à la maison rouge jusqu’au 16 mai 2010. L’exposition parisienne est la troisième étape après Barlcelone avec le Macba, et Le Neues Museum Weserburg de Brême. Guy Schraenen nous offre une sélection de 800 pièces, rien que ça. Dans cette exposition, il y a du beau monde. Il y a ceux qui s’amusent et expérimentent le son, on retrouve alors des poètes sonores tels que Henri Chopin, notamment avec sa fameuse revue Ou. Soulignons que la poésie possède une belle part dans sa collection ( John Giorno, Michel Butor, Isidore Isou, Bernard Heidsieck…) Mais, il y a aussi ceux qui voient dans la pochette de disque un support idéal pour un nouveau graphisme. Qui ne connait pas les pochettes de disques réalisées par Andy Warhol pour les Velvet Underground ou les Rolling Stones. Mais on découvre aussi des pochettes réalisées par Gerhard Richter, Richard Prince, Jeff Wall, Raymond Pettibon, chacun d’eux étant invité notamment par le groupe Sonic Youth. Mais, il y a aussi Sol Lewitt qui est choisit par Philip Glass pour Music in Twelve Parts.

La première fois que j’ai entendu parlé de Guy Schraenen c’était lors d’une discussion avec Frédéric Vincent. Lui qui manipule et détourne les Vinyls me parlait de l’énorme collection en me faisant voir le livre du même homme, Vinyl: Records and Covers by Artists. J’étais émerveillé de cette collection, sans pour autant tout connaître de ses acquisitions.

Mais, l’exposition ne s’arrête pas à la pochette de disques, elle englobe tout ce qui se rapporte à la musique. On peut voir aussi des partitions de Stockhausen, indéchiffrables. Mais aussi des objets, des manifestes et affiches. Bref, cette collection s’articule autour de la musique et de ses liens avec les arts visuels.

Aussi, une salle est consacrée entièrement à Fluxus, on peut y voir des disques de Ben, inconnues. » nous informe Guy Shraenen (France Culture, Tout arrive, émission du 26 Février 2010). Et c’est là, la richesse de cette exposition bien scénographiée, que de nous faire découvrir de belles pépites visuelles. Manque le son que l’on aimerait un peu plus présent.

En appendice à cette belle collection, la maison rouge nous propose des interventions et expositions de Céleste Boursier-Mougenot, Marco Decorpeliada et Thu Van Tran, sans grands intérêts.

Salon de Montrouge 2010

Ernest T., Artiste français, 2009, encre de Chine sur papier, 100x120cm, © Courtesy Galerie Gabrielle Maubrie, Paris

La 55ème édition du Salon de Montrouge se déroulera du 6 mai au 2 juin 2010. Cette année, j’ai l’honneur de faire parti des 84 artistes sélectionnés par Stéphane Corréard et le Collège Critique.

Cette année encore, le Salon se déroulera dans cet espace industriel qu’est la Fabrique, avec une scénographie de matali crasset. Les invités sont l’artiste Ernest T. et l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, avec un projet collectif dirigé par Franck Scurti et Joël Tardy.

Comme l’année dernière, un jury, présidé par Éric de Chassey, désignera, lors du vernissage, les 3 lauréats qui bénéficieront d’une exposition personnelle dans les espaces des Modules du Palais de Tokyo à l’automne 2010.

Voici la composition du Collège Critique coordonné par Gaël Charbau:

-Isabelle Alfonsi, critique d’art & directrice de la galerie Marcelle Alix
-Paul Ardenne, écrivain et historien d’art
-Daria de Beauvais, critique d’art & commissaire d’exposition au Palais de Tokyo
-Alain Berland, critique d’art
-Yves Brochard, enseignant, critique d’art & commissaire indépendant
-Alain Cueff, écrivain, critique d’art & commissaire indépendant
-Leslie Compan, critique d’art
-Dorothée Dupuis, critique d’art, directrice du Triangle (Marseille) et rédactrice en chef de la revue Pétunia
-Jean-Michel Frodon, écrivain, enseignant, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma
-Jill Gasparina, critique d’art & enseignante, co-directrice de la Salle de bain (Lyon)
-Guillaume Leingre, critique d’art & photographe
-Emmanuelle Lequeux, critique d’art et journaliste
-Vincent Pécoil, critique d’art, commissaire indépendant & co-directeur de la galerie Triple V (Dijon)
-Matthieu Poirier, enseignant, critique d’art & commissaire indépendant
-Jens Emil Sennewald, critique d’art et commissaire indépendant
-Anne-Lou Vicente, critique d’art
-Elisabeth Wetterwald, enseignante, critique d’art & commissaire indépendante

et voici la liste des artistes séléctionnés:

Adaime Makac Ivana
Atassi Farah
Badaut-Haussmann Laetitia
Baete Julien
Basello Jean Philippe
de Batz Cédric
Bergala Simon
Bernadet Jean-Baptiste
Bly Léa
Bourget Sylvain
Byskov Anna
Carmona Mathieu
Cauchy Stéphane
Chajaï Ghizlène
Cherkit Mathieu
Cherpin Stephanie
Collins Mathis
Cornu John
Cossé Matthieu
Dal Negro Rémi
Dantou Jean-Robert
David Agathe
Deligne Tuddi
Digne Rebecca
Dop (collectif)
Dorvillé Guillaume
Durand Nicolas
Easterman-Ulmann Rachel
Ebrard Aymeric
El Djoudi Hakima
El Shopo (collectif)
Eydieu Philippe
Eymenier Cédrick
Fisher Pierre
Fouré Nikolas
Gerstberger Yann
Giovacchini Isabelle
Giroux Alexandre
Godard Agnès
Grincourt Gregory
Guerard des Lauriers Aurian
Hebert-Guillon Didier
de Heinzelin Aurélie
Herreros Christophe
Huteau Romain
Jerez Renaud
Le Mihn Isabelle
Lecomte Stéphane
Lemaitre Christophe
Lévy-Lasne Thomas
Lux Kim
Martin Bevis et Youle Charlie
Mazabraud François
Menanteau Olivier
Mole Aurélien et Tibéri Julien
Monde Geoffroy
Nadaud Noé
Nédélec Julien
Pallet Aurore
Perraud Stéphane
Poncet Antoine
Quéau Marie
Quenum Chloé
Ramdani Samir
Recordon Manon
Robin Marion
Roggy Nicolas
Ryckewaert Barbara
Saintagnan Eléonore
Salaud Julien
Schuwer Boss Hugo
Sibillat Gauthier
Slonina Aurélie
Souche Fabien
Terrier Erwann
Tronel-Gauthier Thomas
Ukolov Kirill
Vayssière Julie
Vescovi Adrien
Wang Taoran et Wu Wenwen
Waré Thibault et Flandin Jérémy
Weil Matthieu
Wendler Hermann
Yoon Ji-Eun

Cette année, donc, je me ferais un plaisir, avec plusieurs articles, de vous présenter ce 55ème Salon et ses artistes.

à suivre…

Casanova Forever

Casanova Forever

Comme les précédentes manifestations, Casanova Forever se déroulera dans plusieurs lieux, on parle d’une trentaine d’expositions, de rencontres, de lectures et de projections. On parle aussi d’artistes de grandes qualités pour rendre hommage à Casanova. En voici la liste : Laurette Atrux-Tallau, Jean-Luc Brisson, Jacques Charlier, Simone Decker, Aude Du Pasquier-Grall, Emmanuelle Etienne, Philippe Favier, Geneviève Favre Petroff, Tom Friedman, Paul Armand Gette, Delphine Gigoux-Martin, Grout/Mazéas, Inez et Eugène van Lamsweerde, Natacha Lesueur, Claude Lévêque, Frédérique Loutz, Maurin et La Spesa, Piet Moget, Jacques Monory, Vincent Olinet, Laurina Paperina, Alicia Paz, Guillaume Poulain, J.-J. Rousseau, Rüdiger Schöttle et le Jardin-Théâtre Bestiarium, Didier Trenet, Karim Zeriahen…

Le communiqué de presse nous rappelle un aspect non négligeable qui est celui de la présence d’artistes femmes dans au moins la moitié des expositions “la raison en est moins la question moderne de la parité, que celle qui devrait poser l’équivalence de la liberté de l’homme au XVIIIe siècle et celle de la femme au début du XXIe. Si l’homme avait la prérogative du jeu au XVIIIe, il est certain que les femmes sont d’aussi excellentes partenaires du jeu”

Je n’ai pas eu l’occasion de voir les précédentes manifestation organisé par ce Frac, mais le premier catalogue, Chauffe Marcel, est vraiment réussi, et la deuxième exposition, notamment grâce à la conférence de presse me donnait réellement envie. Espérons que cette fois-ci je puisse m’installer quelque temps dans la belle région du Languedoc Roussillon.

La manifestation sera présentée le Mardi 23 Février 2010 à 11h auPalais de Tokyo.