En attendant Montrouge

Montrouge ça chauffe!

Ernest T., Peinture 6-1 2009 Courtesy Galerie Gabrielle Maubrie

Le salon débute le 5 mai prochain à la Fabrique, à Montrouge. Je me sens prêt, même si je ne sais pas ce que ça veut dire. Pour tout dire, je suis bien heureux de participer à ce salon dans une ville où j’ai grandi.

En attendant, j’ai dessiné, j’ai lu, j’ai écris, j’ai été au cinéma. Voilà pourquoi, je n’étais pas trop présent, ces derniers temps, sur ce blog.

J’ai été voir des expositions aussi, notamment en galerie. Et comme ce n’est pas fini je vous en conseille trois. La première, Mona Hatoum à la galerie Chantal Crousel. Il faut être dingue de rater ça, les pièces sont superbes, notamment ce rideau de barbelé qui vient nous accueillir dès que l’on ouvre les portes de la galerie, un rideau qui nous fait penser aux pénétrables de Soto, en plus violent. Et ces cartes sur lesquelles on distingue des élévations, ou des points d’impact de bombes. Nous pouvons lire ces découpages graphiques comme on le veut, le résultat est bien efficace et poétique comme l’ensemble de l’œuvre de l’artiste libanaise. Il y aussi cette exposition collective à la galerie Dohyang Lee, une exposition de dessins autour du paysage, qui a débutée pendant la grande semaine parisienne de foires consacré au dessin contemporain, moderne, et classique. La galerie propose un bien bel ensemble d’œuvres, notamment ces dessins de cascades au feutre réalisés par Anne Colomes. Il y a aussi les autoportraits dans la nature de Laurent Le Deunff qui sont tout autant étonnant dans leur facture, avec un effet vaporeux. Les images provenant de vidéos d’Anne Colomes tournées lors d’une traversée des provinces de la Colombie-Britannique et de l’Alberta au Canada.

Et puis, il y a l’exposition d’Ernest T. à la galerie Gabrielle Maubrie. Ernest T. qui est l’invité du Salon de Montrouge, présente une nouvelle série de peinture. Plus exactement, il s’agit de recadrages de « peintures nulles », accompagnés de cartels d’ « Information Consommateur », présentant une évaluation suivant certains critères de profondeur, d’équilibre, de pertinence…

Côté lectures, le Barbier et le nazi (lire ici un très bon article)m’a occupé ces derniers jours. Quel livre! Signé de l’écrivain Edgar Hilsenrath. Il nous emmène dans une histoire totalement folle pendant la seconde guerre mondiale, celle d’un certain Max Shulz, génocidaire, qui prendra l’identité de son ami d’enfance, Itzig Finkelstein. L’histoire d’un bourreau qui prend l’identité d’un juif pour éviter les poursuites en Allemagne. Le récit est celui du bourreau SS, on apprend tout de sa vie, jusque dans les moindres détails. Parfois, on en rigole même, parfois c’est d’un cynisme redoutable sur la nature humaine. Il s’agit là d’un très grand livre édité par Attila.

Darcos bientôt à Versailles, en attendant Douillet au Ministère de la Culture et Zidane au Centre Pompidou.

Dans quelques mois sera révélé le nom du successeur de Jean-Jacques Aillagon à la direction du Château de Versailles. Et depuis quelques jours, voilà que la rumeur Xavier Darcos fait grand bruit. On chuchote, on entend  » Darcos à Versailles, non c’est un poisson d’avril en avance tu te fous de ma gueule. » Et non, la rumeur semble bien fondée. L’ancien ministre du Travail démis de ses fonctions suite à la débâcle des régionales, se serait vu proposer un poste au Château. Beau placard pour un mauvais élève.

Suite à ses rumeurs, Jean-Jacques Aillagon, qui brigue à sa succession, défendait son bilan positif à la tête du Château. N’oublions pas que c’est grâce à lui que nous avons eu ces messieurs Koons en 2008 et Veilhan en 2009, et bientôt Murakami en 2010. Le bilan est très positif dans sa bouche, le nombre d’entrées a augmenté, l’image du Château brille à merveille, et l’ex ministre de la culture envisage bien continuer sur sa lancée. Alors, qui verrons nous à Versailles l’année prochaine? Cattelan…? Une chose est sûre, la provocation facile aura ses limites, et les préjugés sur l’art contemporain grossiront en même temps que les recettes du Château. Il est vrai que l’on n’a jamais autant parlé du Château depuis que Aillagon l’a pris en main. La rumeur Darcos est risible. Dernièrement, il y avait la rumeur Albanel pour succéder à Bruno Racine, qui vient de renouveler son mandat. L’ancienne ministre de la culture, nous le savons, rejoindra France-Télécom le 1er Avril. Ne riez pas, ceci n’est pas une blague!

C’est bien notre Président qui prend la responsabilité de nommer le dirigeant du Château de Versailles et le Ministre de la Culture. Alors ne nous étonnons pas de voir débarquer Darcos prochainement à Versailles. Il semblerait que l’ancien championnat Judoka se prépare à succéder à Frédéric Mitterand. Ah la Culture!

De quoi devons nous avoir peur? De ces changements successifs ou du manque de compétence et d’intelligence chez ces représentants de la culture ou du manque de budget pour ce ministère de la Culture (rappelons qu’à ce sujet, Aillagon était favorable à sa suppression…)?

Voilà pourquoi des syndicats, organisations et professionnels de la culture se donnent rendez-vous le 29 mars 2010 « contre les dangers qu’encourent l’art et la culture en France ».

Très bon début d’année pour Boltanski!

Le début d’année 2010 est pour Christian BoltanskiMonumenta avec Personnes ( du 13 Janvier au 21 Février 2010), et le Mac/val avec Après (du 15 Janvier au 28 mars 2010). S’ajoute à ces deux expositions personnelles parisiennes, la décision prise par Cultures France et le ministère de la Culture de le choisir pour représenter à la biennale deVenise en 2011. L’artiste a demander à Jean-Hubert Martin d’en être le commissaire.

Très beau début d’année pour cet artiste né en 1944 à la renommée internationale. Mais n’est-ce pas un peu trop ? La France paraît exclusive, fonctionnant avec de grosses personnalités, ne prenant pas de risques. Si bien que l’on s’interroge sur ces choix. Qu’est-ce qui les dictent ?

Chacun de nous connaît le travail de Christian Boltanski. L’artiste parle d’émotion, il parle beaucoup de la mort, un thème très présent dans son travail. Pour Monumenta, on parle d’une installation unique qui devrait frapper le spectateur psychologiquement, « un moment d’émotion spectaculaire qui questionne la nature et le sens de l’humanité. » N’est-ce pas encore un grand spectacle donc que l’on va nous proposer ? Un spectacle où l’on doit frissonner. Bien entendu, j’irais voir cette installation faite d’une grue et d’une énorme pince qui vient prendre et relâcher des vêtements, et je soumettrais une critique sur ce présent blog.

Tout de même, je reviens sur ce que j’écrivais plus haut. La France aime se concentrer sur une personnalité, le temps d’un événement, d’une exposition. En ce début d’année, Boltanski est donc cette personnalité et le choix pour la biennale de Venise n’est pas surprenant. C’est donc très confortable de choisir cette figure artistique, un choix qui ne fait pas débat. Tout le monde se plie et applaudit.

De mon côté, je verrais bien, pour 2013, si la manifestation Monumenta est toujours d’actualité, un collectif d’artistes, Gelitin. Car, je pense que seul un groupe peut réellement s’amuser dans un espace aussi énorme qu’est le Grand Palais. Je me rappelle de leur exposition à l’ARC du Musée d’Art Moderne de Paris, et je les vois bien déambuler sous la verrière. Pour les prochaines biennales de Venise, j’envisagerai des artistes tels que Olivier Mosset, Jean Le Gac, ou Arnaud Labelle-Rojoux. Mais il ne s’agit que de propositions…

à suivre…