
galerie Anton Weller Isabelle Suret
Jusqu’au 7 Mars 2009
« Demain comme hier » s’annonce comme une exposition désespérée, où le rêve n’a pas sa place, où la poésie est exlue, où l’utopie a disparue depuis bien longtemps. Or, c’est tout le contraire que nous offre Pierre Petit. Au centre de l’espace de la galerie, sept petits bancs entourent un chauffage de terrasse. Accueillants, on se laisserait tenter par s’assoir, se réchauffer, pour regarder ce qui nous entoure.
Ce qui nous entoure est étonnant. À première vue, on pourrait passer à côté de l’oeuvre de l’artiste français, « conteur d’objets » comme il aime se qualifier. À première vue, ce ne sont que des objets. Mais, la force dePierre Petit est de composer un univers poétique, juste en les entremèlant, juste en faisant dialoguer des objets divers et variés, souvent de seconde main. On pense à cette étrange sculpture ; une tour de légos multicolores, vient servir de socle à une boule, un vulgaire saladier transparent. Petit ne détourne pas, ne brûle pas, ne déchire pas, il met côte à côte des objets que l’on ne regarde plus, des objets qui habitent notre quotidien. On se réchauffe, mais la chaleur redescend vite avec ces assiettes creuses blanches, fixées au mur, éclairées par un néon vertical, lui aussi blanc. Pendant que certains passent à côté et continuent leur chemin, d’autre restent, sans pour autant tout comprendre. À quoi ça sert de tout comprendre quand il est question d’art ? Au visiteur de s’approprier les objets de Petit.

Pierre Petit assemble, rassemble des objets, pour proposer un monde, un ailleurs où la poésie se compose des rebuts du monde moderne, de ce que l’homme a égaré, de ce à quoi il ne prête plus d’importance.
Alors, on comprend la création en 1993 du pays imaginaire ; Petitland . Un pays, un ailleurs, un nulle part. Tiens ne retrouvons nous pas l’étymologie de l’utopie avec ce nulle part (Nusquama). Petitland c’est nulle part, c’est un pays, c’est une marque déposée avec comme logo un petit dauphin, et comme slogan « l’émotion de la découverte ». Un logo et un slogan que l’on retrouve sur tout un tas d’objets ; des sacs plastiques, des timbres, des jeux de cartes ou encore des badges. Le tout « prouvant » l’existence du pays Petitland.
L’art ne commence t-il pas avec la maison, avec le territoire ? Comme tout animal qui taille son territoire, Pierre Petit joue à créer son pays imaginaire, un pays où les objets revivent, et se libèrent dans de belles créations.
Les vues d’expositions proviennent de la galerie Anton Weller Isabelle Suret
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